Miniature - La révolte des filles perdues

La révolte des filles perdues

  • Dorothée Janin
  • Drame
  • Historique
  • noir
  • Récit de vie
  • Roman

Le résumé

« A mesure que je lis tous les documents que je réussis à retrouver, je commence à voir apparaître leur silhouette, les phrases qu’elles ont lancées aux flics, aux juges… Chaque fois je me demande si celle qui est décrite, celle qui parle, qui rit, qui injurie, qui chante, celle qui a les mains en sang et les vêtements déchirés, est la femme que je cherche ». Voleuses, fugueuse, vagabondes, de petites vertus, les filles de la prison de Fresnes se mutinent.
Le 6 mai 1947, elles défoncent des portes, brisent des carreaux, pillent l’économat, s’empiffrent de chocolat et de confiture, escaladent le mur de la prison et finissent par en occuper le toit. Pendant des heures, elles tiendront bon. Les prisonniers masculins, derrière leurs barreaux, les acclameront. Il faudra cent vingt policiers pour les déloger. Les journaux s’en emparent un temps, qualifiant l’événement d’ « hystérie collective » , et, après une nouvelle condamnation, les révoltées retourneront à l’obscurité de leurs cachots.
Vies d’anonymes diablesses, semeuses de troubles sans voix, la postérité les oublie. Jusqu’au jour où Serge Valère, un avocat médiatique comme le XXIe siècle en façonne, décide de démêler les fils de ses origines. Lui qui ne connaît pas son père, engage la généalogiste, Elvire Horta, pour retrouver sa mère Madeleine qui l’a abandonné. Elle apprend que celle-ci est une des mutinées de Fresnes. 1947 rencontre alors notre époque.
Madeleine rencontre Elvire. Les filles perdues, celles d’aujourd’hui. Avec force et passion, Dorothée Janin fait surgir la violence, la révolte et la liberté fugace de ces femmes qui n’existaient plus. Porté par une écriture frontale, à la manière du Journal d’un voleur, La révolte des filles perdues interroge notre mécanique sociale et nos obsessions.

La critique du Chat Botté

L’avis de Cécile:

« La révolte des filles perdues » est un récit tout en opposition, et pas que concernant sa thématique.

Opposition historique d’abord. Puisque le récit oscille entre la vie d’un avocat « contemporain », Serge Valère, enfant abandonné d’une de ces filles perdues et qui recherche ses origines pour aider son fils dépressif à comprendre son histoire familiale, et cette vie « hors des conceptions de notre temps » vécue par sa mère, privée de liberté dans des conditions atroces, simplement parce qu’elle est une « mauvaise fille », une fille qui dérange la société établie.

Ces changements d’époque sont malheureusement parfois difficiles à saisir et demandent un certain effort pour être resituer par rapport aux protagonistes et à leur époque. Ce procédé, qui aurait pu être très intéressant et matière à réflexions, a davantage coupé la fluidité de ma lecture. J’ai également trouvé une certaine lourdeur dans la manière d’écrire de l’auteur, beaucoup de digressions et une utilisation conséquente des adjectifs. Pour moi, l’auteure privilégie trop le romancé à l’historique, même si elle utilise des faits réels pour venir y superposer une fiction.

Opposition également entre violence et douceur. J’ai d’ailleurs trouvé certains passages de ce roman très durs. La description des nombreuses violences de toutes sortes qu’ont subies ces « filles perdues » est difficile à lire. J’aurais peut-être aimé en avoir été plus avertie sur la quatrième de couverture…

Cette histoire me laisse donc un brin perplexe et chahutée une fois le livre refermé; sans doute « La révolte des filles des perdues » n’est-il simplement pas mon style de lecture… mais plaira à bien d’autres!

Prix: 21,50€

Parution: 23 août 2023


Les commentaires

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