Le résumé
« Ici-bas, nous sommes tous des animaux. » Le premier roman traduit en français de Morgan Greene, un auteur britannique salué par Chris Whitaker et Jo Nesbø.
Trois camarades de classe tuent l’un de leur camarades de classe sans être inquiétés, 10 ans plus tard ils sont de retour dans la ville de Savage Ridge piégés par une enquêtrice…
Savage Ridge, petite ville de 5 000 âmes. À la suite d’une querelle, trois lycéens, Emmy, Nicholas et Peter, tuent l’un de leurs camarades de classe, Sammy Saint John.
Le père de celui-ci, une des plus grosses fortunes de la région, fait tout ce qui est en son pouvoir pour que l’enquête aboutisse. Mais le corps n’étant jamais retrouvé, le dossier est classé. Les trois jeunes gens quittent alors la ville, bien décidés à ne plus jamais y remettre les pieds. Et pourtant, dix ans plus tard, tous les trois sont de retour à Savage Ridge. Piégés par une enquêtrice employée par la famille Saint John, ils doivent maintenant répondre à beaucoup de questions. Alors que l’étau se resserre autour d’eux, il apparaît bientôt que d’autres crimes, plus anciens, entachent cette petite communauté où les secrets sont aussi nombreux que dangereux.
Avec une totale maîtrise de la construction et de l’intrigue, Morgan Greene envoûte littéralement le lecteur avec ce thriller obsédant qui se lit d’une traite, comme en apnée. Suscitant une tension de tous les instants, l’auteur n’y livre la dernière pièce du puzzle que dans un éblouissant coup de théâtre final, totalement inattendu. On tient là, à n’en point douter, un chef d’œuvre du genre.
La critique du Chat Botté
L’avis de Sophie :
« L’air semblait toujours pesant et statique, d’un froid mordant l’hiver, étouffant l’été. Ce qui était le cas en ce moment même. Raison pour laquelle notre présence au Main Street Diner, à siroter nos trois milk-shakes comme n’importe quelle autre douce soirée de dimanche, n’avait rien d’extraordinaire ou de suspect. Sauf que ce ce n’était pas un dimanche soir comme les autres… pour la simple raison qu’on venant d’enterrer le corps de Sammy Saint John.
Juste après l’avoir tué.«
Cet extrait de la première page (non, je ne vous ‘divulgâche’ rien; je ne suis pas Delphine héhé) de « Tous des animaux » illustre bien sa particularité d’être un polar qui ne repose pas sur la découverte du meurtrier puisque celui-ci, ceux-ci (!) sont déjà connus dès le départ. Toute la force du récit réside donc dans la façon dont les événements vont s’assembler progressivement pour expliquer le pourquoi et le comment du crime…
Les chapitres du livre se changent alors en autant de pièces d’un puzzle complexe qui se reconstitue au fil d’interventions plutôt courtes des différents personnages avec de nombreux allers-retours dans le temps. Un procédé que j’ai trouvé très opportun, car il permet de maintenir l’attention jusqu’au twist final. Et oui, l’auteur arrive à nous surprendre, alors même que les tueurs et la victime ont été identifiés!
J’ai aussi apprécié l’écriture de Morgan Greene, laquelle correspond exactement à ce que j’attends d’un bon polar : un style travaillé sans être prétentieux, avec toutefois une recherche littéraire qui reste fluide et agréable à lire. Dans « Tous des animaux », les descriptions des lieux participent pleinement à l’atmosphère du roman et sans jamais alourdir le récit. J’ai également trouvé la psychologie des personnages intéressante: chacun apporte quelque chose à l’intrigue et les relations enrichissent réellement l’histoire. Seul bémol à ce propos, certains éléments m’ont parfois semblé mener à des impasses narratives que j’aurais aimé voir davantage exploitées, mais cela n’a toutefois pas gâché mon plaisir de lecture.
Ce livre n’est pas forcément un polar qui coupe le souffle ou qui joue sur une tension permanente, mais il a su éveiller ma curiosité avec cette envie de comprendre comment les différents récits allaient s’emboîter. Au final, c’est pour moi une très bonne lecture, divertissante et bien construite, et qui se démarque par une certaine originalité.
Date de parution : 5 février 2026
Prix : 9.90€