C’était ça ou mourir
- Thélyson Orélien
- Auteur francophone
- prix littéraire
- Roman
Le résumé
Le premier roman de Thélyson Orélien est déjà le phénomène littéraire de l’année 2026. En cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues, C’était ça ou mourir a conquis le Québec et bientôt le monde entier, en racontant l’Odyssée de Jonas Dorléon.
Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants.
Avec la trajectoire de Jonas, c’est une cartographie intime de la survie qui se dévoile. Aussi contemporain qu’universel, ce roman raconte les migrations au présent — non comme un concept, mais comme une expérience physique : marcher, avoir faim, se blesser, rire devant l’horreur pour ne pas abandonner. Thélyson Orélien y déploie une écriture foisonnante, traversée d’humour et de poésie, une langue d’exil qui s’apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau ».
Porté par un souffle narratif irrésistible, C’était ça ou mourir est un premier roman bouleversant qui révèle un écrivain majeur de notre temps.
La critique du Chat Botté
L’avis de Delphine :
Il y a des romans qui racontent l’exil, et puis il y a ceux qui le font ressentir. Avec C’était ça ou mourir, son premier roman, Thélyson Orélien signe un texte d’une puissance rare, où la migration cesse d’être une abstraction médiatique pour devenir une expérience profondément humaine et intime.
Jonas Dorléon quitte Port-au-Prince après l’incendie de son quartier avec pour tout bagage un diplôme, un cahier de poèmes et une photographie de sa mère. Toute une existence tient désormais dans « un sac Carrefour » en plastique. Commence alors un long périple à travers la République dominicaine, le Brésil, le Mexique, jusqu’à la frontière américaine, dans l’espoir d’atteindre l’Amérique. Pourtant, C’était ça ou mourir n’est pas un roman d’exode au sens traditionnel. Les étapes du voyage, les frontières franchies, les rencontres et les dangers sont présents, mais ils restent en arrière-plan. Ce qui importe avant tout, c’est le chemin intérieur de Jonas.
Thélyson Orélien s’attache moins aux événements qu’aux traces qu’ils laissent dans l’âme. Il donne des mots à la honte, à la peur, à l’attente interminable, au rejet, mais aussi à cette obstination presque irrationnelle qui pousse un homme à continuer d’avancer lorsque tout semble perdu. Jonas doute, se souvient, s’interroge sur ce qu’il abandonne autant que sur ce qu’il espère retrouver. À travers lui, l’auteur explore avec une grande finesse la question de l’appartenance : que reste-t-il de soi lorsque l’on n’a plus de pays, plus de maison, plus de langue familière ?
La grande force du roman réside dans son écriture. Dès les premières pages, la langue frappe par sa maîtrise. Foisonnante sans jamais être démonstrative, profondément poétique sans perdre de vue le réel, elle épouse les mouvements de la pensée et de la mémoire. L’auteur parvient à faire naître des images d’une grande beauté au cœur même de la violence, comme si la poésie devenait une ultime manière de résister à l’effacement. Certaines phrases semblent suspendre le temps, d’autres frappent par leur simplicité désarmante. Cette langue de l’exil est tellement vibrante qu’elle devient l’un des plus beaux personnages du livre.
En choisissant de privilégier les bouleversements psychologiques aux péripéties du voyage, Thélyson Orélien offre un regard singulier sur les migrations contemporaines. Son roman ne cherche pas à expliquer un phénomène géopolitique : il donne un visage, une voix et une mémoire à ceux que l’on réduit trop souvent à des chiffres ou à des catégories administratives. L’exil devient ici une traversée de soi, où chaque frontière franchie transforme un peu plus celui qui la traverse.
Pour un premier roman, C’était ça ou mourir impressionne par son ambition et sa maturité. Vibrant, profondément émouvant et porté par une écriture d’une grande beauté, ce texte laisse une empreinte durable. Thélyson Orélien s’impose d’emblée comme une voix majeure de la littérature francophone contemporaine, capable de faire entendre, avec une justesse rare, ce que signifie continuer à vivre lorsque tout vous pousse à disparaître.
parution le 19/08/2026
prix: 21.50 euro
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