Miniature - Choses que je croyais perdues

Choses que je croyais perdues

  • Clémentine Mélois
  • Auteur francophone
  • Humour
  • Récit de vie
  • Résilience
  • Roman

Le résumé

Seule dans son appartement, une jeune femme emballe ses affaires dans du papier journal. Demain, des déménageurs emporteront ces traces fragiles de son existence. Tandis qu’elle remplit ses cartons, elle pense à l’homme dont elle vient de se séparer, et des histoires surgissent des objets qu’elle manipule. Témoins d’une vie ordinaire, une assiette au filet d’or, un ensemble H&M couleur poil de chameau ou un rouleau de Sopalin ont autant à raconter qu’un trépidant roman d’aventures… Que reste-t-il de ce que nous avons vécu ? De quelles légendes sommes-nous faits ? Les grandes amours comme les petits riens, les désillusions et les désirs sont au coeur de ce roman plein de surprises, à la fantaisie incomparable.


La critique du Chat Botté

L’avis de Sophie :

Alors que Clémentine Mélois figure parmi les quatre finalistes du prix Goncourt 2026, dont le lauréat ou la lauréate sera désigné(e) mardi prochain, il me semble intéressant de mettre son dernier roman à l’honneur avant qu’elle ne soit sacrée… ou que la proclamation du prix ne la relègue quelque peu dans l’ombre des projecteurs braqués sur le vainqueur !

Publié dans la collection ‘L’Arbalète chez Gallimard, qui a pour ligne éditoriale de dénicher des textes de fiction singuliers, avec une attention particulière portée aux formes nouvelles, « Choses que je croyais perdues » remplit parfaitement ces conditions. Car il y a indéniablement quelque chose de neuf, et surtout de rafraîchissant, dans ce roman. Je n’avais pas lu le précédent livre de l’autrice qui avait rencontré un beau succès et j’étais donc particulièrement curieuse de découvrir son univers.

Et je dois dire que j’ai compris l’engouement ! J’ai trouvé dans ce livre beaucoup de sensibilité, de la poésie, mais aussi un humour auquel je ne m’attendais pas. J’ai adoré l’autodérision de la narratrice, qui apporte une légèreté bienvenue à un récit dont le thème aurait pu laisser présager une tonalité bien plus sombre : une jeune femme qui fait ses cartons en vue d’un déménagement, après une rupture douloureuse. Chaque objet dont elle se saisit et qu’elle s’apprête à emballer devient alors l’occasion de revenir sur son histoire, sur les souvenirs qui sont attachés à cet objet, sur les moments de vie qu’il lui rappelle.

À travers ce geste de trier ses affaires, le roman interroge notre rapport aux objets : ce qu’ils disent de nous, ce qu’ils conservent de notre passé, mais aussi ce qui les rend si particuliers à nos yeux. Pourquoi certains objets deviennent-ils précieux ? Quelles histoires, quelles émotions ou quelles circonstances leur confèrent cette valeur ? Qu’elle soit heureuse ou douloureuse, librement choisie ou imposée par les événements, notre relation aux choses est souvent bien plus intime et complexe qu’il n’y paraît.

J’ai donc passé un très agréable moment de lecture. Le texte est fin, notamment parce que l’on comprend progressivement, presque en filigrane, ce que traverse Émilie et ce qui se joue dans sa relation amoureuse. Tout n’est pas livré explicitement, et c’est justement cette manière délicate de laisser les émotions et les prises de conscience affleurer qui fait le charme du livre. C’est une lecture assez courte, mais qui offre une véritable respiration. Une jolie parenthèse au milieu de cette rentrée littéraire !

Je suivrai désormais Clémentine Mélois avec beaucoup d’intérêt et serai au rendez-vous de ses prochaines publications. Nous lui souhaitons tout le meilleur pour la suite, et bien sûr beaucoup de succès, quelle que soit l’issue du Goncourt !

Parution le 20 août
Prix : 19€


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